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Le héros était une femme...
Loïse Bilat, Gianni Haver
- Antipodes Suisse
- Medias Et Histoire
- 27 Décembre 2011
- 9782889010509
Que devient le héros lorsque celui-ci est une femme ou que devient une femme lorsqu'elle devient héros?
Lara Croft et ses Uzi, Beatrix Kiddo et son katana ou encore Lisbeth Salander et son Q.I. hors norme: les personnages féminins semblent de mieux en mieux armés pour faire face à l'adversité. Projetées dans ce rôle traditionnellement masculin de moteur de l'intrigue, les femmes entrent de plus en plus dans une logique d'héroïsation.
Elles se battent dans les pages d'un roman, entre les photogrammes d'un film, les cases d'un manga ou parmi des pixels et sont ici discutées par des auteur·e·s de différentes disciplines, que ce soit l'histoire, la sociologie ou les études genre. Ces diverses contributions nous aident à découvrir quelles sont les normes et les signes de leur féminité et de leur héroïcité. Qu'est-ce qu'une femme et qu'est-ce qu'un comportement héroïque dans nos fictions ? Comment ces deux modèles se combinent-ils dans les industries culturelles contemporaines ?
Cet ouvrage est le fruit d'une collaboration internationale. Il débute par un petit essai sur la figure du "héros féminin" dans la fiction, qui est suivi par quatorze articles portant chacun sur un personnage particulier. Ainsi, plus qu'un panorama des "nouvelles héroïnes", notre livre propose une réflexion sur l'agencement du masculin et du féminin dans nos mythes contemporains.
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Femmes sous surveillance : quelques mots sans fard sur la condition des femmes
Iris von Roten
- Antipodes Suisse
- Contre-Pied
- 23 Septembre 2021
- 9782889012008
Vie professionnelle, amour et sexualité, charge maternelle, travail domestique, droits politiques: voilà les principaux sujets auxquels Iris von Roten (1917-1990), intellectuelle suisse du XXe siècle, consacre sa vaste fresque de «la condition des femmes» à son époque. Loin de se limiter au combat pour le suffrage féminin, cette avocate et journaliste tenait à exposer l'aspect systémique de l'oppression des femmes. Par sa véhémence et son intransigeance, elle s'est attiré les foudres aussi bien des représentants de la domination masculine que des groupes féministes de son époque. Dans une langue aussi furieuse que grinçante, son livre fait l'état des lieux des droits des femmes, dépeint les humiliations et les luttes du quotidien, et imagine une société épanouissante et égalitaire.En livrant une étude approfondie des rapports de domination, Femmes sous surveillance renseigne autant sur les mécanismes d'hier que sur les problématiques contemporaines. Par sa véhémence et sa radicalité, ce manifeste nourrit la pensée féministe et apporte une contribution significative aux questions et combats d'aujourd'hui. Paru en 1958, cet ouvrage a d'abord fait scandale avant de sombrer dans l'oubli pendant quelques décennies. Cette première traduction française, réalisée par Camille Logoz, est une façon de rendre honneur à cette figure incontournable de l'histoire des idées en Suisse. C'est surtout l'occasion de se confronter à ses arguments puissants, sa réflexion complexe et sa parole percutante.
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Laboratoires du travail
Natalie Benelli, Magdalena Rosende
- Antipodes Suisse
- Existences Et Societe
- 1 Septembre 2008
- 9782889010097
Laboratoires du travail réunit des textes qui examinent le travail sous toutes ses facettes : travail salarié, domestique, scientifique, travail de mise au monde, de care, etc.
Conçu comme hommage à Françoise Messant, professeure de sociologie du travail à l'Université de Lausanne, cet ouvrage offre un aperçu des perspectives et des thématiques actuelles autour de l'objet travail.
Les auteurs abordent notamment la grève, les outils, le travail collectif, la division du travail et de l'emploi, la responsabilité au travail et l'imbrication des systèmes de domination.
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REVUE NOUVELLES QUESTIONS FEMINISTES n.30/2 : amies
Revue Nouvelles Questions Feministes
- Antipodes Suisse
- Revue Nouvelles Questions Feministes
- 15 Octobre 2011
- 9782889010707
Tantôt célébrées, tantôt critiquées voire ridiculisées, les amitiés entre femmes sont l'objet de ce numéro de Nouvelles Questions Féministes. Les amitiés entre femmes sont l'objet de projections variées: tantôt célébrées pour l'intensité des relations qu'elles génèrent, tantôt ridiculisées pour leur futilité, tantôt décrétées impossibles sous prétexte de rivalité, tantôt associées au lesbianisme, elles présentent un intérêt évident pour l'étude des rapports sociaux de sexe.Ce champ étant hélas resté en friche dans la recherche francophone, ce numéro de Nouvelles Questions Féministes engage une réflexion sur ce thème à partir de plusieurs contributions.
Les amitiés entre femmes sont un moyen de s'opposer à la domination masculine. Elles permettent en effet aux femmes de prendre conscience de l'oppression qu'elles subissent et de passer du statut d'objet à celui de sujet. Mais l'idée de sororité n'est pas sans ambiguïté, ce qui explique qu'elle soit l'objet de polémiques entre féministes: les femmes ne subissent en effet pas toutes des oppressions identiques.
Nouvelles Questions Féministes s'empare de ce thème pour fêter ses 30 ans et profite de cet anniversaire pour inaugurer sa nouvelle ligne graphique.
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REVUE NOUVELLES QUESTIONS FEMINISTES n.28/3 : théories anglophones du genre
Revue Nouvelles Questions Feministes
- Antipodes Suisse
- Revue Nouvelles Questions Feministes
- 5 Octobre 2009
- 9782889010264
L'ambition, modeste, de ce numéro est d'offrir à notre lectorat la possibilité de découvrir des textes anglophones utiles, importants, méconnus, oubliés ou au contraire largement reconnus et cités, voire « classiques », mais dans tous les cas accessibles à un petit nombre en raison de l'obstacle linguistique. Que les quatre articles publiés ici soient issus de l'espace anglo-américain ne relève donc pas d'un choix délibéré de notre part, mais chacun d'eux mérite une place dans Nouvelles Questions Féministes et nous sommes ravies de vous les présenter aujourd'hui en français.
Bien que ces quatre articles poursuivent des objectifs précis et distincts, discutent d'auteur·e·s différent·e·s pour une large part et recourent chacun à une terminologie spécifique, ils se rejoignent sur plusieurs points, soulevant les mêmes questions fondamentales pour la théorie et la stratégie féministes. Qu'est-ce que le genre ? Comment intervient-il dans nos représentations et nos pratiques quotidiennes ? Quels sont ses liens avec la sexualité ? Comment les catégories « femmes » et « hommes » sont-elles produites par le système de genre ? Quel rôle cette construction sociale fait-elle jouer à la biologie ? Comment établir des alliances féministes sans qu'une définition forcément située mais néanmoins dominante des « femmes » n'opprime une part d'entre elles ? Lire ensemble et faire dialoguer ces textes dont aucun, pourtant, ne fut rédigé en réaction aux autres, nous permet d'avancer, sinon vers une réponse définitive à ces questions cruciales, du moins vers une compréhension approfondie des enjeux qu'elles charrient ainsi que des niveaux d'analyse et d'action auxquels elles nous confrontent.
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REVUE NOUVELLES QUESTIONS FEMINISTES n.21/2
Revue Nouvelles Questions Feministes
- Antipodes Suisse
- Revue Nouvelles Questions Feministes
- 1 Juillet 2002
- 9782940146253
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Sports en formes ; acteurs, contextes et dynamiques d'institutionnalisation
Thomas Busset, Christophe Jaccoud
- Antipodes Suisse
- Existences Et Societe
- 1 Janvier 2001
- 9782940146222
Le sport s'est construit, dès la seconde moitié du XIXe siècle, à travers diverses mises en forme : mise en forme du temps, mise en forme de l'espace, mise en forme des organisations et des associations sportives enfin.
Ce vaste processus d'institutionnalisation a débouché sur la création d'un ordre sportif national et international aujourd'hui bien établi.
Ce phénomène d'institutionnalisation du sport soulève une multitude d'interrogations et aiguise l'intérêt des sciences sociales. En particulier parce que les logiques de développement proprement sportives ont été rapidement mises en demeure de composer avec d'autres logiques : logiques politiques, logiques médiatiques et logiques économiques - toutes attachées à instrumenter le sport au nom d'intérêts plus ou moins contraignants et de souverainetés rarement désintéressées.
C'est du souci d'analyser ce déploiement, au travers duquel le sport crée des institutions, en même temps que son arraisonnement par diverses puissances sociales, qu'est né ce volume, articulé autour de onze contributions suisses et étrangères, issues d'un séminaire de recherche organisé à Neuchâtel, en février 2000, par le Comité de recherche " Sociologie du sport " de la Société suisse de sociologie et le Centre international d'étude du sport (CIES) de l'Université de Neuchâtel.
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REVUE A CONTRARIO n.2/1
Revue A Contrario
- Antipodes Suisse
- Revue A Contrario
- 2 Avril 2004
- 9782940146420
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De l'enfant utile à l'enfant précieux
Anne-françoise Praz
- Antipodes Suisse
- Histoire
- 1 Mars 2005
- 9782940146543
De l'enfant utile, force de travail et source de revenu pour la famille, à l'enfant précieux qu'il faut éduquer et instruire, on assiste au tournant du 20e siècle à une véritable révolution, certes silencieuse, mais combien importante, puisqu'elle a constitué un facteur décisif de prospérité et bouleverse les relations familiales. Dans la lignée des études qui ont tenté de comprendre cet important tournant de l'histoire européenne, la recherche propose une réponse originale qui combine l'histoire des représentations, la démographie historique, et introduit surtout une perspective encore négligée dans ce domaine: le genre. L'analyse menée comparativement dans les cantons de Vaud et Fribourg permet d'observer comment religion, politique, économie et genre se combinent pour construire des regards différents sur l'enfant. La recherche n'analyse pas uniquement des discours, mais montre comment ceux-ci modulent les politiques étatiques et influencent les stratégies familiales, analysées au niveau micro-social dans quatre villages. Elle démontre enfin que l'industrialisation améliore certes le niveau de vie, mais avec des conséquences différentes pour les filles et les garçons.
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L'assurance chômage en Suisse ; une sociohistoire (1924-1982)
Jean-Pierre Tabin, Carola Togni
- Antipodes Suisse
- Histoire
- 26 Mars 2013
- 9782889010776
L'histoire de l'assurance chômage débute peu après la fin de la Première Guerre mondiale. La structure choisie en 1924, encore pérenne près d'un siècle plus tard, se caractérise par une gestion décentralisée et partiellement privatisée de l'assurance. À l'époque, les caisses syndicales, largement majoritaires, sont acculées financièrement et acceptent un subventionnement de l'État qui leur est particulièrement défavorable. Entre 1924 et 1977, l'assurance reste facultative et seul·e·s les salarié·e·s cotisent. La loi actuelle sur l'assurance chômage et insolvabilité est quant à elle introduite en 1982.
Le livre analyse le rôle qu'ont joué les organisations syndicales et patronales dans le développement de l'assurance chômage. Il montre les conséquences de la participation syndicale à la gestion de l'assurance et les enjeux politiques et sociaux liés à chacune des réformes de l'assurance.
Les chapitres qui composent ce livre permettent de se faire une idée précise des conflits qui ont émaillé l'histoire de cette assurance comme des consensus qui ont soutenu son développement, notamment celui sur la centralité de l'emploi et celui sur qui est responsable de l'indemnisation de la perte d'emploi.
Premier ouvrage complet sur l'histoire de l'assurance chômage en Suisse, ce livre basé sur une riche documentation comble une lacune et est appelé à devenir rapidement un livre de référence.
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REVUE NOUVELLES QUESTIONS FEMINISTES n.31/2 : métiers de service
Revue Nouvelles Questions Feministes
- Antipodes Suisse
- Revue Nouvelles Questions Feministes
- 21 Novembre 2012
- 9782889010790
Les métiers de service, qui impliquent une interaction entre un·e prestataire et un·e bénéficiaire, représentent aujourd'hui la forme majoritaire d'emploi dans les sociétés occidentales, surtout chez les femmes. La dimension relationnelle des métiers de service constitue un objet d'étude privilégié pour appréhender ces emplois, en comparaison à ceux de l'industrie, plus masculinisés.
Mais les métiers de service sont-ils vraiment plus «relationnels» que les autres types d'activité professionnelle? Et pourquoi la dimension relationnelle est-elle si souvent mise en exergue lorsqu'on parle des métiers de service féminins peu qualifiés, alors qu'elle est généralement passée sous silence dans le cas des professions prestigieuses? Ce questionnement constitue un enjeu majeur pour les recherches féministes sur le travail.
A partir de recherches portant sur les assistantes sociales, les physiothérapeutes, les éducatrices de la petite enfance, les surveillants de prison et les facteurs, les auteures du présent numéro tentent d'approcher ces questions à travers trois interrogations : la place du relationnel dans l'oeil des chercheur·e·s; la place du relationnel dans les récits des salarié·e·s; le sens du travail relationnel au sein des métiers féminisés. Leurs textes mettent au jour les processus insidieux qui amènent les salariées à survisibiliser la dimension relationnelle de leur travail, souvent perçue comme «positive» et enrichissante, alors que cette dernière est ignorée, minimisée, voire invisibilisée dans les activités masculines. Ces articles montrent, en outre, que ce n'est pas tant la nature du travail qui détermine la perception de son caractère relationnel, mais plutôt les rapports sociaux de sexe entre les professionnel·le·s et leurs client·e·s.
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REVUE NOUVELLES QUESTIONS FEMINISTES n.29/2 : perspectives féministes en éducation
Revue Nouvelles Questions Feministes
- Antipodes Suisse
- Revue Nouvelles Questions Feministes
- 14 Juin 2010
- 9782889010394
A entendre le discours ambiant d'aujourd'hui, tout serait résolu dans la question de l'éducation des filles et de l'égalité des sexes dans le domaine de l'éducation. A l'école, voilà plusieurs années que les filles ont en moyenne de meilleurs résultats scolaires que les garçons et qu'elles forment la majorité de la population estudiantine universitaire dans pratiquement toute l'Europe.
En fait l'école n'est pas neutre et les institutions de formation continuent de prendre une part active, avec la famille et la culture, à la construction d'individus répondant aux rôles sexués traditionnels. Réfléchir aux pratiques qui permettraient de rendre l'éducation égalitaire reste donc un objectif à l'ordre du jour, d'autant plus que la formation scolaire et professionnelle constitue un pré-requis pour l'émancipation des femmes.
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REVUE NOUVELLES QUESTIONS FEMINISTES n.30/1 : la production d'enfants
Revue Nouvelles Questions Feministes
- Antipodes Suisse
- Revue Nouvelles Questions Feministes
- 7 Mars 2011
- 9782889010523
Il y a une certaine ambivalence, voire de la méfiance, chez les féministes radicales face à la question des enfants, et ceci pour de bonnes raisons: d'une part, la production d'enfants est l'obstacle principal à l'égalité entre les sexes; d'autre part, la maternité a été historiquement construite comme étant incompatible avec la participation à la sphère publique, renvoyant ainsi les femmes au privé. Par ailleurs, tant les positions essentialiste que celles du sens commun, font de la maternité leur argument massue, à la fois preuve de l'existence d'une différence biologique entre les femmes et les hommes à l'avantage des premières, et justification du maintien de leur situation spécifique complémentaire dans l'ordre hétérosexuel existant.
Cette méfiance légitime des féministes radicales a eu pour conséquence un relatif désengagement de la réflexion critique sur la maternité et, plus généralement, sur la production d'enfant, laissant ainsi le champ libre à des débats peu pertinents. Relevons la vulgate psy sur la prétendue crise d'identité des femmes déchirées entre désir d'enfant et aspirations professionnelles; le sempiternel discours de la "conciliation travail - famille" qui incomberait aux seules femmes; des considérations quasi-réactionnaires sur le pouvoir abusif des femmes, capables d'infliger ou de refuser une paternité aux hommes, de monopoliser le pouvoir sur les enfants en cas de divorce, qui sont autant de manières d'occulter le travail fourni par les femmes dans cette fonction maternelle et les limites très concrètes que celle-ci impose à leur autonomie. On pense aussi au soi-disant irrépressible désir d'enfants chez ces dernières, que les différentes méthodes de procréation assistée et autres adoptions se chargeraient de combler.
Ces thèmes ressassés appellent selon nous de nouvelles problématisations de la part des féministes, en regard des contextes familiaux et professionnels actuels. A titre d'exemple, la revendication du "choix" d'avoir ou non des enfants pourrait être réactualisée. Alors que le féminisme des années 1970, avec le slogan "un enfant si je veux quand je veux", a mis fin à l'idée de la maternité comme destin, ce message reçoit une réception mitigée. Si le contrôle de la fécondité est un droit acquis - quoique la vigilance à ce propos soit de mise - l'identité féminine semble toujours et encore dépendre de la maternité, alors que l'identité masculine reste, elle, indépendante du statut paternel. Or, les conditions de réalisation du projet d'enfant sont toujours plus difficiles à réunir; on n'évoquera pas ici la question récurrente du "partage" des tâches entre les sexes, mais surtout le fait que notre société continue de considérer la question de la production d'enfants, et finalement de son propre devenir, comme relevant centralement de la sphère privée et dépendant des rapports de pouvoir intra-familiaux encore largement défavorables aux femmes.
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Grandeurs et misères de la presse politique
Alain Clavien
- Antipodes Suisse
- Grhic
- 8 Novembre 2010
- 9782940146994
La «Gazette de Lausanne» (1898-1991) et le «Journal de Genève» (1826-1998) ont été des quotidiens parmi les plus fameux de Suisse, appartenant tous deux dès la fin du XIXe siècle au club select des journaux dits «de référence», tissant entre eux une relation étrange faite à la fois de connivence et de concurrence. Ils ont défendu au coude à coude un même idéal politique libéral-conservateur et ils ont plaidé pour la sauvegarde d'une presse politique de qualité, jugée nécessaire au débat démocratique. Mais ils se sont aussi violemment combattus l'un l'autre pour s'imposer sur un marché saturé, de plus en plus dominé par la presse d'information. Basé sur une riche documentation inédite, ce livre part de cet affrontement pour raconter comment la presse politique, seule légitime au tournant du XXe siècle, doit peu à peu céder sa place à une presse politiquement neutre, dite bientôt «d'information», qui s'impose d'abord économiquement, par la force des ses tirages, puis moralement, en faisant admettre que l'information est la mission première du journalisme, plus importante que le commentaire et le positionnement politique.
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REVUE NOUVELLES QUESTIONS FEMINISTES n.27/2 : l'ambivalence du travail : entre exploitation et émancipation
Revue Nouvelles Questions Feministes
- Antipodes Suisse
- Revue Nouvelles Questions Feministes
- 19 Mai 2008
- 9782889010158
Le travail salarié est-il un outil d'émancipation des femmes ? Dans les années 70 du Mouvement de Libération des Femmes, la réponse paraissait évidente : avoir un emploi devait permettre aux femmes d'être matériellement indépendantes et de renforcer leurs moyens de lutte contre la domination des hommes, en particulier au sein du mariage hétérosexuel. Aujourd'hui, la réponse est plus complexe, car si les femmes ont en effet investi massivement le marché de l'emploi, elles restent fortement discriminées (salaire, temps partiel, plafond de verre notamment), et continuent à assumer, en plus, la très grande partie du travail domestique et éducatif.
Le message fort qui émane des autrices est le suivant : le sort des femmes ne se joue pas dans le seul monde du travail rémunéré. Si solution d'émancipation il y a, c'est dans la prise en compte de l'interdépendance entre sphères privée et professionnelle. Autrement dit, la concentration de tous les efforts sur le seul emploi, au vu du fait, incontestable, que rien ne change au niveau du « partage des tâches domestiques », est un traquenard.
Les contributions traitent toutes de cette interdépendance, mais à partir de points de vue et de domaines très différents. Une recherche porte par exemple sur des compagnes de viticulteurs qui exercent un emploi salarié hors de l'exploitation familiale et qui, pour s'affranchir de la famille élargie, sont davantage contraintes que leurs aînées aux travaux ménagers. Examinant la relation entre une « nounou » africaine et une employeuse blanche, de milieu social élevé, un autre article analyse les implications contradictoires de leur assignation respective au travail domestique. L'une connaît l'exil, le racisme, l'autre délègue une large partie de « son » travail à une autre femme qu'elle exploite.
La complexité des voies de l'émancipation ressort aussi de trois autres contributions qui proposent, chacune à leur manière, qu'un travail professionnel effectué dans la continuité du travail domestique peut permettre aux femmes de développer un rapport à leur emploi subversif, voire émancipateur. A partir d'exemples (aide-ménagères, infirmières, médiatrices interculturelles, travailleuses domestiques sans statut légal), il apparaît que les femmes dont les emplois ont une relation avec les activités dans la sphère privée peuvent avoir un rapport positif à leur travail rémunéré, notamment se sentir utiles dans ce qu'elles y font. Restons cependant vigilantes : si une forme de continuité entre les univers privé et professionnel peut procurer un sentiment d'utilité, cela ne doit pas nous faire oublier la pénibilité, la faible rétribution et la non-reconnaissance de ce type d'emplois. C'est là toute l'ambivalence du travail féminin dans nos sociétés.
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REVUE NOUVELLES QUESTIONS FEMINISTES n.26/3 : parité linguistique
Collectif
- Antipodes Suisse
- Revue Nouvelles Questions Feministes
- 13 Novembre 2007
- 9782940146970
Le symbolisme social étant véhiculé et structuré par le langage, c'est toute une conception du monde qui est impliquée dans cette question. L'utilisation du masculin dit "générique" n'est pas remise en question alors qu'elle biaise systématiquement la représentation sociale des femmes. Ainsi la parité linguistique, la construction de systèmes de savoirs non discriminatoires, l'utilisation du féminin et du masculin pour toutes les dénominations humaines, la reconnaissance effective des femmes dans le discours social, sont des instruments indispensables dans la conquête d'une réelle égalité
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REVUE A CONTRARIO n.1/4
Revue A Contrario
- Antipodes Suisse
- Revue A Contrario
- 1 Juin 2006
- 9782940146734
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Temps d'assistance
Arnaud Frauenfelder, Vérénda Keller, Jean-Pierre Tabin, Carola Togni
- Antipodes Suisse
- Existences Et Societe
- 18 Octobre 2010
- 9782889010592
Davantage encore que tout autre dispositif de la sécurité sociale, l'assistance publique incarne la solidarité sociale dans une société nationale, car elle est basée sur la clause du besoin. Mais l'assistance change: le consensus d'une époque se transforme pour en faire apparaître un nouveau, fonction de l'esprit du temps. L'analyse de ces transformations permet de comprendre, à partir du passé qui l'habite, pourquoi l'assistance est ce qu'elle est.
Loin de rester statique, le gouvernement des pauvres évolue. Le consensus concernant les destinataires de l'assistance publique, ses moyens et son organisation se transforme périodiquement en fonction de l'esprit du temps.
Une lecture indispensable à qui veut saisir l'histoire et les enjeux actuels de l'assistance publique, en Suisse romande comme ailleurs.
Nouvelle édition revue et enrichie d'une postface inédite.
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REVUE A CONTRARIO n.1/5
Revue A Contrario
- Antipodes Suisse
- Revue A Contrario
- 29 Mai 2007
- 9782889010004
Samuel Thévoz - Paysage et nomadismes dans « Le Tibet révolté » de Jacques Bacot. Alors que le Tibet, malgré les explorations répétées dont il fait l'objet, reste à la fin du XIXe siècle largement inconnu, les récits qui relatent ces voyages livrent de nombreuses descriptions de paysage. Entre catégorie esthétique et critère géographique, la notion de paysage est en outre au centre des renouvellements épistémologiques des sciences de l'homme de la fin du siècle. Le débat tourne notamment autour de la notion de « milieu ». Dans cette perspective, la notion de paysage oscille entre géographie et anthropologie. Entre les années 1906 et 1910, Jacques Bacot, un voyageur qui deviendra par la suite un pionnier de la tibétologie française, explore des régions méconnues de ce territoire gigantesque. Ses récits de voyage développent une écriture qui tranche avec les modèles de ses prédécesseurs. Si ces modifications relèvent d'une période particulière de l'histoire intellectuelle française, il convient en outre de relever que J. Bacot relate une rencontre personnelle avec des Tibétains. C'est par eux qu'il accède à des modèles de représentation dont il évalue les particularités et l'universalité. Dans un processus à la fois réflexif et engagé, le voyage de Bacot pose à sa manière les bases anthropologiques de tout un courant de l'histoire de l'orientalisme et de l'histoire des religions. Cet article propose ainsi d'aborder un moment particulier de l'histoire interculturelle entre le Tibet et la France par le biais de la description de paysage dans les récits de voyage de Bacot.
Nelly Wolf - Littérature et politique : le roman contractuel. La formule de base du roman réaliste comprend un récit à la troisième personne, dont le narrateur s'abstrait, et une reconstitution du social. La société se raconte, et en se racontant, elle se crée. Or, cette formule offre des analogies frappantes avec le contrat social qui fonde la démocratie moderne. On appellera donc roman contractuel cette sorte de roman où s'opère une mimésis du contrat social. Cela étant posé, le roman contractuel tient plus du modèle que du phénomène observable. C'est un récit idéal typique qui institue le roman moderne. Par conséquent, la formule du roman contractuel ne se rencontre pratiquement jamais à l'état pur, les renégociations et les dénonciations du contrat interne étant destinées à refigurer la crise permanente de la démocratie. Le roman expérimente une langue littéraire fondée non plus sur une rupture avec la langue commune, mais sur cette langue elle-même. Ce contrat linguistique est lui-même soumis à négociation et à contestation.
Emanuela Trevisan-Semi - La mise en scène de l'identité marocaine en Israël : un cas d'« israélianité » diasporique. Cet article traite des représentations de l'identité marocaine dans l'espace public israélien à partir du cas des juifs marocains qui ont immigré en Israël. Cette étude montre combien les frontières entre un centre (le pays mythique des origines &endash; Israël) et une périphérie (la diaspora marocaine) peuvent se superposer et se confondre. Il y a beaucoup de signes d'appartenance identitaire marocains en Israël, comme les statues dédiées aux divers rois du Maroc qui trônent dans plusieurs squares des villes industrielles d'Israël, pour la plupart habitées par des juifs marocains. Toutefois, au Maroc, plusieurs symboles israéliens sont visibles grâce notamment à l'organisation de pèlerinages et autres voyages touristiques de tours-opérateurs israéliens. Ainsi, la marginalité sociale et identitaire des juifs marocains en Israël a peut-être contribué à créer et idéaliser une mémoire de la « marocanité ».
Lorenzo Bonoli - Fiction, épistémologie et sciences humaines. Cet article se veut une contribution au débat concernant la notion de fiction et son rôle cognitivo-épistémologique. Dans un premier temps, l'auteur tente de resituer historiquement l'intérêt d'un tel débat pour la réflexion épistémologique en sciences humaines, en relevant par la même occasion une certaine banalisation de cette notion, aujourd'hui souvent utilisée comme simple synonyme de « construction ». Ensuite, il souligne certains aspects liés à la notion de fiction qui n'ont pas encore été approfondis et qui méritent de l'être afin de préciser les modalités de construction des connaissances en sciences humaines et d'expliciter les implications épistémologiques liées aux positions constructivistes qui, depuis quelques années, semblent s'imposer dans ce domaine du savoir.
Raphaël Micheli - Stratégies de crédibilisation de soi dans le discours parlementaire. Cet article entend contribuer à une réflexion sur les stratégies de présentation de soi que les acteurs politiques mettent en oeuvre en vue d'affirmer la crédibilité de leurs dires et de leurs actes. Le propos s'organise autour de la description d'un corpus d'extraits du débat parlementaire français de 1981 consacré à l'abolition de la peine de mort. Après avoir inscrit sa démarche dans le champ de l'analyse argumentative, l'auteur avance une distinction entre « légitimité » et « crédibilité » et montre l'intérêt de la notion rhétorique d'ethos pour aborder cette dernière dimension. L'analyse des extraits du débat parlementaire permet ensuite de dégager, de façon exemplaire, deux stratégies antinomiques de crédibilisation de soi. Les parlementaires hostiles à l'abolition se présentent comme les porte-voix d'une communauté extrêmement large &endash; la « France profonde » : s'ils sont crédibles, c'est dans la mesure où ils servent de relais à une opinion dominante sur le plan quantitatif. Pour leur part, les parlementaires favorables à l'abolition se présentent comme les « héritiers » de personnages historiques illustres : s'ils sont crédibles, c'est dans la mesure où ils servent de relais à une opinion supérieure sur un plan davantage qualitatif. En conclusion, l'auteur suggère que l'étude de ces deux stratégies peut présenter un intérêt qui dépasse le seul débat sur l'abolition de la peine de mort.
Joël Zufferey - L'interdisciplinarité en question : l'exemple de la fiction. À partir de travaux consacrés à la fiction, l'auteur propose de réfléchir aux conditions de l'interdisciplinarité en sciences humaines. Il s'agit d'abord de montrer que les théories de la fiction reposent sur des principes absolument hétérogènes et que le mot fiction, par conséquent, ne signifie ni ne désigne la même chose pour tous. De ce constat initial, il ressort que l'exercice interdisciplinaire ne peut prendre l'aspect d'une confrontation des théories et ne peut donc servir à les éprouver. Tout l'intérêt de la pratique interdisciplinaire se déporte alors du plan de la théorie vers un autre, celui de l'intelligence métathéorique et de la conscience épistémologique.
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REVUE NOUVELLES QUESTIONS FEMINISTES n.26/2 : perspectives féministes en sciences économiques
Revue Nouvelles Questions Feministes
- Antipodes Suisse
- Revue Nouvelles Questions Feministes
- 29 Mai 2007
- 9782940146895
Sylvie Morel. Pour une « fertilisation croisée » entre l'institutionnalisme et le féminisme. Dans cet article, l'auteure plaide en faveur d'une meilleure appropriation, par les économistes féministes, d'un courant théorique spécifique en économie : l'« institutionnalisme des origines ». La stratégie de recherche préconisée ici pour oeuvrer au renouvellement de l'analyse féministe en économie consiste en un exercice de « fertilisation croisée » entre l'institutionnalisme des origines et la théorie économique féministe. Cette démarche de recherche est donc à double sens : mobiliser le cadre analytique de cet institutionnalisme pour enrichir l'analyse de genre en économie, et, inversement, enrichir ce dernier par la théorie féministe. Dans cet article, l'auteure se penche surtout sur le premier terme de cette dyade, en présentant les aspects de l'institutionnalisme qui ont beaucoup à offrir au féminisme.
Cristina Carrasco. Les coûts invisibles des soins et du travail des femmes. Cet article analyse le travail non rémunéré des soins socio-sanitaires hospitaliers et post-hospitaliers. Il s'agit d'étudier, en temps et en valeur monétaire, les soins dont a besoin une personne hospitalisée et qui ne sont pas assurés par le secteur public de la santé. Faire apparaître ce travail signifie dénoncer le fait que le secteur ainsi que les budgets de la santé sont conçus en comptant sur le travail non rémunéré effectué dans les foyers, pour l'essentiel par les femmes, travail qui sert d'amortisseur des nécessités sociales de soins sans pour autant être reconnu. L'objectif de ce travail consiste à apporter une certaine information et à proposer des raisons afin que ce thème des soins soit assumé comme un véritable problème social et non comme l'affaire privée des femmes.
Ingrid Robeyns. Le concept de capabilité développé par Sen est-il utile pour l'économie féministe ? Selon l'idée centrale de l'approche d'Amartya Sen, les comparaisons interpersonnelles analysant la pauvreté, l'inégalité, la justice ou le développement devraient se baser sur ce que les personnes sont effectivement capables de faire et d'être, à savoir leurs capabilités. Mais cette approche offre-t-elle un potentiel pour les questions féministes ? Trois aspects au moins permettent de considérer son intérêt dans une perspective de genre : l'accent mis sur les capabilités et les fonctionnements plutôt que sur les ressources, la prise en compte de la diversité humaine, et son rapport à l'individualisme. Cependant, l'approche en termes de capabilités demeure un cadre très large, qui peut être utilisé pour des analyses féministes ou antiféministes, selon les positions théoriques adoptées. C'est pourquoi les économistes féministes doivent s'efforcer de démontrer les biais de genre dans les institutions sociales et dans les processus de décisions collectifs. L'approche en termes de capabilités peut être une alliée dans un programme de recherche féministe, mais elle ne saurait suffire en elle-même.
Céline Schnegg. L'avortement médicamenteux : de la technique à l'expérience. La méthode abortive en question. Cet article traite de l'expérience de l'avortement par médicament. Sur la base de récits de femmes, il s'inscrit en faux contre les discours dominants et les prises de position féministes qui placent le RU-486 au centre du vécu ; il tend à montrer que c'est moins la technologie qui constitue l'expérience abortive, que le système de genre et le cadre médical dans lesquels s'inscrit l'avortement. La pilule abortive n'a d'effets qu'au travers des usages qu'en font les femmes et du sens qu'elles lui donnent : situées dans un champ de contraintes et d'injonctions contradictoires, elles s'en servent comme d'un outil de déculpabilisation et de renaturalisation de leur avortement, mais aussi comme d'un instrument de punition d'avoir eu des rapports sexuels et d'interrompre leur grossesse.
Christine Pirinoli. Genre, militantisme et citoyenneté en Palestine. Comme dans tous les mouvements nationalistes ou de libération, les femmes palestiniennes sont reconnues comme actrices quand il s'agit de la résistance nationale mais sont l'objet de critiques particulièrement virulentes lorsqu'elles militent pour leurs droits, notamment en ce qui concerne la définition de la citoyenneté dans le cadre de la création d'un État palestinien. Au-delà des obstacles liés au conflit avec Israël, les valeurs et les stratégies de l'Autorité palestinienne participent de l'exclusion des femmes, notamment en produisant un imaginaire valorisant la tradition dont ces dernières seraient seules garantes. À travers une analyse historique de la militance des Palestiniennes, cet article mettra en lumière les mécanismes et les logiques qui sous-tendent les discours nationalistes visant au rétablissement d'un système patriarcal, présenté comme authentiquement palestinien.
Patricia Roux, Lavinia Gianettoni et Céline Perrin. L'instrumentalisation du genre : une nouvelle forme de racisme et de sexisme. Cet article analyse l'imbrication des rapports de domination, plus particulièrement la manière dont les rapports sociaux de sexe et de race s'alimentent et se renforcent mutuellement. Les discours actuels en Suisse et en France sur le contrat d'intégration des immigré·e·s, le port du voile ou les viols collectifs tendent à ethniciser de plus en plus le sexisme : « les étrangers » seraient plus violents et dominateurs que les autochtones, de même que « leurs » femmes seraient plus soumises. La culture de l'Autre, racisé, est ainsi construite comme « extraordinairement » sexiste et fondamentalement différente de la culture occidentale. Ce processus aurait deux effets que les auteures analysent avec une enquête exploratoire menée par questionnaire en Suisse romande : d'une part, il permettrait de justifier les discriminations raciales, et, d'autre part, il invisibiliserait le sexisme « ordinaire » dont les pays occidentaux sont porteurs. Il s'agit là d'une forme d'instrumentalisation du genre sur laquelle prennent appui autant les logiques racistes que sexistes.
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Accouchement et douleur ; une étude sociologique
Marilène Vuille
- Antipodes Suisse
- Existences Et Societe
- 6 Octobre 1999
- 9782940146123
Depuis quelques années, plus précisément depuis l'ouverture des centres de prise en charge des douleurs chroniques, les médias se sont emparés de la souffrance physique. Ils la dépeignent comme une malédiction à combattre à l'aide de tous les moyens offerts par les sciences médicale et pharmaceutique, n'hésitant pas à la qualifier de "scandale". Ainsi, notre époque marque la transition d'une éthique d'acceptation de la douleur, épreuve inéluctable de l'existence humaine, à une éthique du refus de souffrir et de l'impératif thérapeutique. Toutefois, certains domaines cèdent avec difficulté à cette mutation culturelle; l'obstétrique en constitue un cas exemplaire. En effet, les douleurs de l'accouchement, bien que rangées par les spécialistes parmi les plus intenses qui se puissent éprouver, bénéficient encore d'une forte acceptabilité sociale. Cet ouvrage, parti d'une enquête sur les représentations contemporaines de la douleur, tente de comprendre quelles logiques sous-tendent une telle contradiction: pourquoi est-il acceptable, voire préconisé, d'accoucher dans la douleur au sein d'une société antidoloriste
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Sports en Suisse ; traditions, transitions et transformations
Christophe Jaccoud, Yves Pedrazzini, Laurent Tissot
- Antipodes Suisse
- Existences Et Societe
- 11 Mai 2000
- 9782940146147
Le phénomène sportif en Suisse soulève une multitude d'interrogations, mais les travaux scientifiques sont encore rares en ce domaine. Pourtant les choses changent, et avec elles le nombre et les visées de ceux qui affrontent aujourd'hui cet objet singulier qu'est le sport. Témoin le présent volume, qui rassemble douze contributions exposées lors d'un colloque, organisé à Neuchâtel en octobre 1998, par le Centre international du sport et l'Institut d'histoire rattachés à l'Université de la même ville. Cette manifestation a vu se mêler les langues, les thèmes, les périodes et plus encore les approches disciplinaires. Au-delà de la diversité, l'accent a été mis sur les connaissances de terrain, sur les enquêtes à caractère monographique.
Ce livre mène du football de talus des premiers âges aux grandes rencontres internationales; des assauts des routes suisses par les gentlemen driver à la sudation organisée par les centres de remise en forme; de la légende dorée du hockey fribourgeois à la mythologie bitumeuse des nouveaux sports de rue; du corsetage gymnique et patriotique des premiers sportifs suisses à l'usage revisité de sports exotiques dans les banlieues genevoises.
Au terme du chemin il semble bien qu'une raison, qu'une histoire et qu'une socio-logique poussent leur corne-pour cheminer entre traditions, transitions et transformations.
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LES ANNUELLES n.8 : l'avènement des sciences sociales comme disciplines académiques
Collectif
- Antipodes Suisse
- Les Annuelles
- 7 Octobre 1999
- 9782940146062
Les sciences sociales, qui en sont venues à faire partie intégrante de la modernisation des sociétés occidentales, émergent, vers la fin de XIXe siècle, dans la division du travail académique en tant que champ spécifique du savoir. Cet avènement institutionnel ressortit à de nombreuses déterminations, d'ordre aussi bien politique, économique et social, que scientifique ou professionnel. Le présent numéro se propose d'explorer les dynamiques à l'oeuvre dans la constitution de ces discours, en Suisse mais aussi en France, et de mettre en évidence leur ancrage pluriel, facteur de réalités disciplinaires multiples. Face à leur complexité, il s'agit en effet d'appréhender les sciences sociales dans tous leurs avatars, en tenant compte des contours flous et mouvants qui sont les leurs, à une époque où, selon le mot d'un contemporain, elles sont encore, du moins en tant que groupe, "affectées d'une singulière impuissance à se définir elles-même".
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REVUE NOUVELLES QUESTIONS FEMINISTES n.21/3
Revue Nouvelles Questions Feministes
- Antipodes Suisse
- Revue Nouvelles Questions Feministes
- 1 Décembre 2002
- 9782940146284
Le dossier de NQF, "les répertoires du masculin", analyse des formes diverses de remaniement identitaire masculin qui s'opèrent sous la pression du principe de l'égalité des sexes et des changements socio-économiques qui y sont associés. Il met en évidence la variabilité des contenus du masculin et les stratégies que les hommes développent pour le reconfigurer et conclut que si, parmi celles-ci, certaines s'inscrivent dans une redéfinition du rapport social de sexe, beaucoup n'entament en rien la stabilité du système de genre. La domination masculine prend ainsi de nouvelles formes qui nécessitent de nouveaux angles d'analyse et de nouvelles précautions méthodologiques. Ce numéro, coordonné par des anthropologues, propose à la réflexion des expériences issues de pays et de contextes fort différents. Anne Attané analyse les stratégies matrimoniales et le statut des hommes vis-à-vis de leurs aînés : en présentant l'exemple des Mossi (Burkina Faso), elle souligne les transformations qui affectent d'une part les modalités de choix des conjoint·e·s et d'autre part la construction de l'identité masculine dans les sociétés d'Afrique de l'Ouest. Fenneke Reysoo traite des nouvelles représentations du masculin développées par les adolescents pauvres de la capitale du Mexique ; elle met en lumière les transformations qui se produisent à des vitesses différentes et sur plusieurs niveaux (pratiques sociales, constructions symboliques et positionnements individuels). Martin Dufresne reprend dans un entretien avec Rudolf Rausch (psychologue québécois) la question de la violence masculine domestique, et en particulier certains discours visant à déresponsabiliser les hommes violents (les agresseurs seraient eux aussi des victimes). En opposition à ce mouvement, ils présentent la politique nord-américaine de reddition de comptes aux victimes et à leurs aidantes féministes. Jean-Yves Pidoux explore différents registres fantasmatiques donnant forme à un épisode dans sa vie de couple : il relate ses réactions et les méandres de ses pensées suite au récit d'une expérience passée de la vie d'une compagne, et tente de comprendre et de faire comprendre différents discours masculins sur la relation amoureuse. Enfin, Léo Thiers-Vidal se concentre sur le lien entre position sociale masculine et analyse des rapports sociaux de sexe : il réfléchit à la place que peuvent prendre les chercheurs (hommes) dans les études et les activités militantes féministes et à la transformation possible de la subjectivité masculine dans l'optique d'une recherche engagée. Ces articles illustrent les reconfigurations diverses des rapports entre femmes et hommes et la très large variété des répertoires du masculin où puise la domination masculine. En filigrane, ces contributions posent deux questions : celle de la dépolitisation de l'analyse des rapports sociaux de sexe centrée sur les vécus des hommes et celle des positionnements féministes face aux points de vue masculins.