Myriam Marrache Gouraud

  • Priape, Mercure, des têtes tranchées pour une cognée d'or, des moutons ordinaires (les plus fameux de la littérature), un âne qui change de couleur. Trois jeunes licornes, un monstre marin, un combat d'andouilles, une tempête. Des paroles gelées, une tragique farce, du safran d'Hibernie. Un grand voyage, très loin, tout près. Le Quart Livre, d'îles imaginaires en situations périlleuses, fourmille d'étrangetés. Son auteur s'annonce en page de titre comme docteur en médecine; après trois livres, en proie à la calomnie d'infâmes accusateurs, il affirme qu'il était sur le point de cesser d'écrire. Au lieu de cela, il « met la plume au vent » et embarque l'histoire en un voyage, qui est d'abord celui du chemin retrouvé de l'écriture. Les aventures auxquelles il convie ses héros se dérouleront, cette fois, sur mer. On s'en ira aux confins des mondes connus, des mondes possibles. Mais si tous embarquent dans l'allégresse, il y a Panurge, celui qui attend vraiment quelque chose de ce voyage : il est parti en quête du mot de la bouteille, un mot qui pourra résoudre toutes ses interrogations.
    Ce volume accompagnera les agrégatifs de lettres dans leur lecture du Quart Livre. La première partie propose un cours de littérature et un cours de langue destinés à poser les principaux enjeux du texte. Une seconde partie est consacrée à une approche méthodologique guidée, avec un exemple corrigé pour chaque type d'exercice (dissertation, leçon, étude littéraire, étude grammaticale et stylistique, explication de texte et question de grammaire), afin que chacun puisse se préparer aux épreuves des concours.

  • Lieu essentiel de la culture renaissante et baroque, instrument de savoir autant que de plaisir esthétique, au carrefour de l'art et de la science, le cabinet de curiosités s'effaça devant le rationalisme des Lumières, ne subsistant que dans les musées secrets de quelques collectionneurs nostalgiques. Il ne suscita, au début du 20e siècle, que l'intérêt des historiens, des amateurs de bizarre et des surréalistes qui en apprécièrent l'étrangeté et les aspects poétiques. Il fallut attendre le passage au siècle suivant pour voir le phénomène connaître une résurgence paradoxale et prendre une ampleur nouvelle. Après s'être vu consacrer, en France, à Poitiers en 2013, une exposition, « La Licorne et Le Bézoard », qui se proposait d'en retracer l'histoire, le cabinet de curiosités fait l'objet, dans le projet du FHEL, d'une approche renouvelée. Prenant acte du fait que, devenu source d'inspiration de nombreux artistes, thème d'expositions internationales aussi bien que tendance du goût et du décor intérieur, le cabinet de curiosités fait désormais partie de l'imaginaire contemporain, la présente exposition se propose d'en suivre différentes expressions, échos et interprétations. S'ouvrant sur une mise en perspective historique, elle s'intéresse essentiellement aux regardeurs qui auront réinventé, dans les dernières décennies, le concept de cabinet de curiosités : qu'il s'agisse d'institutions comme le Muséum national d'Histoire naturelle, le musée de la Chasse et de la Nature à Paris, le musée d'anatomie de Montpellier ou le musée Le Secq des Tournelles à Rouen, de personnalités singulières, comme le fondateur de la Maison rouge, Antoine de Galbert ou d'artistes comme Miquel Barceló, Jean-Jacques Lebel ou Théo Mercier. S'ébauche ainsi, sur près de 1000 mètres carrés, dans une scénographie étonnante, ce qui pourrait être un cabinet de curiosités du moment présent.

  • Cet ouvrage analyse de quelles manières les différents arts s'emparent de l'altérité monstrueuse pour en penser les signes, et pour pousser ceux-ci vers leurs limites : littérature, sculpture, peinture, cinéma, bande dessinée, séries télévisées, jeux vidéos, installations et performances ont vocation à mettre en scène et à interroger les formes du monstrueux.

    Avec le soutien de l'université de Bretagne occidentale.

  • Interroger le lexique scientifique par ses termes les plus usuels comme curiosité, observation ou expérience, tant en médecine, zoologie que géographie, permet d'ouvrir une réflexion de fond sur la conception des savoirs à la Renaissance, en prenant au mot la science telle qu'elle s'écrit.

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